Slasher, un vrai job

Alors que je me demandais il y a encore quelque temps à quoi pouvait bien servir cette touche sur mon clavier (/), aujourd’hui tout le monde semble avoir adopté cette barre oblique dans son quotidien. Comme une nouvelle norme sociétale.

Le slash, le nouveau tiret ? 

Choix de vie ou précarité de masse, il devient rare de rencontrer une personne monojob. Pour la faire courte, le slasher a ce don pour cumuler les jobs et les projets. A croire que c’est devenu totalement ringard de n’avoir qu’une seule activité professionnelle. Certainement la faute au CDI devenu trop rare ? 

Qu’est-ce-que tu fais dans la vie ? « Ouais, j’bosse dans la com’ mais je développe aussi une appli pour t’apprendre à trier le linge, je suis styliste et j’expose mes photos durant mon temps libre.» 

Comme si tout cela ne suffisait pas à enfoncer le clou, faut-il préciser que le slasher parle au moins le hongrois et le perse ? Of course, I speak english and chinese very fluently. 

J’ai l’impression que la population se scinde en deux parties : les winners nés et les winners-en-devenir. Cette dernière catégorie traînant un boulet au pied en tentant de rattraper le groupe. En vain. 

J’ai le moral à zéro.

Oui je devrais m’inspirer de ces foudres de guerre pour m’élever mais je n’ai qu’une envie, prendre le premier billet pour le Gabon et aller porter secours aux bébés tortues. 

Le slasher est agaçant. Il est tellement sympa qu’on ne peut pas lui en vouloir d’être bon partout. Evidemment, il parvient à concilier vie pro et vie perso d’une main de maître. Alors qu’après une grosse journée d’only-one-job, tout ce dont je rêve c’est vivre en onesie sous ma couette. 

La flemme. 

Il connaît les bars cool, les lieux que personne ne connaît, qui n’existent pas encore et les restaurants hype. Côté séries, il n’est jamais à la ramasse et pour les expos, il est à tous les vernissages. 

Quand toi tu peines à contacter le chef de la boîte, lui le textote d’une seule main avec cet élan naturel : «  non mais attends j’vais lui écrire, j’ai déj avec lui pas plus tard que la semaine dernière. » 

Énervant mais toujours serviable. 

C’est quoi leur secret ? Est-ce que le slasher était cet enfant de primaire, copain avec tout le monde qui enchainait le tennis, le modern-jazz et la GRS, sans oublier d’être le délégué de classe. 

Et je ne peux pas faire comme si je ne les voyais pas. Le slasher est partout. Il fait des petits. Dans ma vie, ils m’ont envahi. Au bureau, je suis encerclée par des slasheuses. Elles ont ce je ne sais quoi d’irrésistible qui les rend aussi attachantes qu’inspirantes. 

On envie toujours ce que l’on n’a pas. Peut-être que le slasher rêve secrètement d’être mono tâche (comme moi), simple mais efficace. 

L’espoir fait vivre.

A retrouver également sur Womanspecter et Médium 

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s