J’ai testé le régime Wifi

Je hais les régimes. Qui aime les régimes?

Mais ce fut contre mon gré. Promis, juré. Je me suis retrouvée devant le fait accompli, totalement piégée. Certes, vivre sa cure forcée sur un bateau de croisière, sillonnant les Caraïbes pendant une semaine, il y a pire comme punition. Même Amy Winehouse n’a probablement jamais pu bénéficier d’un tel cadre. 

Mais revenons-en au fait. 

Il n’y a pas de wifi illimité sur les Croisières. Whaaaat ??? Nous sommes en 2016 et on nous demande d’être mesurées avec Internet ? Même sur les plages do Brazil, à côté des favelas surpeuplées, il est possible de live-tweeté sa marguarita dans la main la couenne au soleil, n’est pas Cyrielle ?? 

J’ai eu tout bonnement cette impression de revenir à l’âge du minitel, comme lorsque ma mère effectuait ses commandes Agnès b. en ligne et que chaque minute nous était comptée. Pourtant, il fallait me rendre à l’évidence, pendant une semaine soit 168h, 10 080 minutes je ne pourrai ni instagrammer, snapchater, facebooker, skyper, safariser, (sex)textoter, whatsapper, et appeler à ma guise ! 

J’étais partagée entre l’envie de faire mine que cela glissait sur moi comme la pluie sur un ciré Saint-Jamesou de pleurnicher dans le giron de ma mère. Evidemment j’étais seule face à la fatalité et garder la tête haute fut la seule option envisageable. 

Jour 1 : La découverte 

Qui dit régime, dit rationalisation. J’avais donc à disposition 250 minutes de wifi pour la semaine. 

250 minutes à répartir sur 7 jours, cet exercice imposant d’être méthodique dans l’espoir d’y survivre. 

250/7 = 35,7 soit environ 35 minutes par jour. Autant dire RIEN ! 

Vous avez déjà essayé de n’utiliser que 35 minutes par jour d’Internet ? Après 2 tweets, un tour sur facebook et un post Instagram, on s’aperçoit rapidement que la demi-heure se transforme en une heure bien tassée. 

Jour 4 : le bilan à mi-parcours. Temps restant – 160 minutes 

Habituellement plus cigale que fourmi, je m’impressionne par mon habilité à aller à l’essentiel. Je m’impose même une journée de jeûne, que je réussis haut la main (sans crise de tachycardie !). Je parviens à utiliser Internet avec parcimonie, réfléchissant à mes réels besoins sur la toile avant de me connecter comme s’il était question d’un prêt à la banque. Oui, deux poids, deux mesures. 

Jour 5 : la vie est un long fleuve tranquille. Temps restant – 120 minutes 

J’aborde les jours sereinement me récompensant moi-même de mes efforts en m’offrant le droit de repousser toujours un peu plus le moment de la déconnection

J’avoue que, secrètement, j’ai eu des craquages. Et j’ai tenté de tricher. J’avoue. J’ai, en effet, essayé les réseaux wifi extérieurs dès qu’une terre pointait à l’horizon, telle une Cruzoé en manque d’eau. Pas nécessaire de mentionner que toutes mes tentatives furent vaines. 

Jour 6 : la dernière ligne droite. Temps restant – 80 minutes 

A ce stade de ma restriction wifienne, je ne suis pas peu fière lorsque je compare mes minutes restantes avec le reste de mes compères. Chacune mentionnant leur désarroi de n’avoir su économiser intelligemment leur temps. Digne mais pas vantarde, je m’enhardis à l’idée d’avoir encore du crédit pour mon dernier jour. C’était sans compter sur mon erreur de débutante… 

Jour 7 : ne jamais crier victoire. Temps restant – 50 minutes 

Préoccupée par cette maudite valise qui en l’espace d’une semaine a pris quelques kilos supplémentaires (tout comme sa propriétaire, d’ailleurs.), il est l’heure de rendre ma chambre. Persuadée que mon temps restant n’est que du bonus, je rends ma carte électronique et me précipite au bord de la piscine. Quelle joie je me faisais en pensant à ses 50 minutes que je pouvais dépenser sans compter. Evidemment, c’était trop beau. 

Lorsqu’il fut question de me connecter avec le monde, mes identifiants ne répondaient plus. Stupide et obstinée, il m’a fallu plusieurs minutes avant de faire le lien entre mon check-out et mes codes Internet. Je n’avais évidemment pas songé au fait que ma connexion s’arrêterait au moment même où je rendrais ma chambre. L’agacement laissant place à l’aigreur de n’avoir, hélàs, pas un cerveau de normalienne, je me résignai. 

Bilan : Wifi 1 – Allison 0,5 (oui j’ai bien le droit de m’accorder un demi-point pour la participation). 

Je déteste toujours autant les régimes peu importe leurs formes. Comme dirait l’adage : « chassez le naturel, il revient au galop ! », à vouloir jouer la Félindra gardienne du trésor j’ai appris à mes dépens qu’économiser est – clairement – un concept que je ne maîtrise pas.

Pour ma part, cette expérience confirme ce qu’il mettait difficile d’admettre : la wifi régie ma vie. On ne va pas se mentir, ce signal doté de trois petits arcs de cercle détient à lui seul, le déroulé de mon quotidien. Je sens déjà vos sourires narquois car évidemment tel un alcoolique face à sa dépendance, vous pensez ne pas être concernées. Erreur… Je l’entends mais ce n’est pas aux vieux singes qu’on apprend à faire des grimaces. 

Accepter c’est avancer. Alors plutôt que de s’auto-flageller en permanence, il serait temps de s’accommoder de ces tyrannies qui nous dominent. 

Wifi. 

Sucre.

Fond de teint.

[Bref. Je ne porte aucun jugement.]

Puis j’ai pensé que me séparer du monde digital renforcerait mes liens au vrai monde, aux vraies gens. Etre sociable, c’est pas une tare non plus ! Il paraît que faire face à ses problèmes est le premier pas vers la guérison. Dixit la fille qui, dès que les roues de l’avion touchèrent le sol français, se ruait telle une maniaco-dépressive sur son portable. 

Qui a dit qu’on devait être parfaite ? 

Bien à vous,

A. 

A retrouver également sur Womanspecter et Médium 

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