25 ans, cet entre-deux

Oui j’ai 25 ans. Passer cette étape ne fut pas chose aisée. J’adore fêter mon anniversaire mais me souvenir que j’ai DÉJÀ 25 ans, sans façon. Il y a quelque chose de pervers dans ces deux chiffres. Premièrement, je hais les chiffres impairs. 

Ne me demandez pas pourquoi, c’est ma religion qui me l’interdit. 

Deuxièmement, tout le monde persiste à balancer cette punchline incontournable : « Hé oui, le quart de siècle ! ». Haha, qu’est-ce que c’est génial… 

Donnez-moi un autre verre. 

Je crois que ce qui me gêne le plus c’est l’ambivalence qui en découle. 25 sonne comme un entre-deux, le point d’intersection entre une jeunesse enfantine et une jeunesse adulte. Je suis mi-fougue mi-raison.

Je me sens ni tout à fait adulte, à force de stages à rallonge, je débarque depuis peu sur la planète galère de jobs. Ni aussi fraîche dans cette jeunesse post-majorité où on a cette impression illusoire que le monde s’ouvre à nous.

Mais la réalité nous rattrape, une fois passer le cap des frais de scolarité exorbitants ou le passage par Pôle Emploi. Allô le monde ! 

Qu’on le veuille ou non, on cherche tous une définition de nous-même. Une case définie qui nous permettrait de trouver notre place sur cette planète. Pourquoi cherche-t-on à se coller une étiquette ? Nous sommes tous uniques, pas seulement parce que j’aime nous jeter des fleurs mais parce que la génétique le prouve. 

Il semble évident que se limiter à un parcours professionnel ou un style de vie, ne résume pas qui nous sommes. Je ne suis pas une pessimiste dans l’âme sinon j’aurais investi mes non-économies dans un bunker en espérant que la vie m’épargne le choix de décider. 

Qu’est-ce que je hais cette phrase : « choisir c’est d’abord renoncer ». Choisir quoi pour devoir y renoncer ? Quelqu’un aurait-il le mode-d’emploi 

A 25 ans, on est au carrefour de tout. Qui ne s’est jamais retrouvé devant ce dilemme ? Entre les amis en couple depuis Mathusalem qui ne cessent de vous proposer des restos pépères et les irréductibles clubbers qui ne conçoivent une soirée que si elle débute après minuit. Voire les amies qui ont déjà des enfants et qui accaparent la conversation pour débattre sur les selles de leur progéniture. 

Âme sensible, fuyez.  

Que je le veuille ou non, ce maudit quart de siècle envahit mes pensées. Comme s’il était temps pour moi de faire mes propres choix. Sans me soucier du regard des autres, loin du cocon familial. La mutation de femme-enfant à femme tout court. 

Flippant et terriblement excitant à la fois.

L’instabilité dérange. On se sent presque obligé d’avoir des projets pour ne pas subir le scepticisme général. N’y-a-t-il pas un entre-deux stable ? Un équilibre dans l’incertitude ? Sommes-nous tous forcés tôt ou tard de faire des choix ? 

A défaut de trouver mon camp, je demande un sursis supplémentaire. Autrement dit, me raccrocher aux cinq années qui me séparent du grand 3 en espérant que le ciel me montrera la voie, tel Moïse séparant la mer rouge. 

Oui je rêve encore, signe de cette innocence propre à la vingtaine. Oui je suis cynique, signe de cette trentaine sous-jacente.  Paraît-il que 26 ans c’est pire. Alors à l’année prochaine, même lieu, même tourment.

Bien à vous, 

A. 

A retrouver également sur Womanspecter et Médium 

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